21 novembre 2016

S’il braille, lâche-le… (If He Hollers Let Him Go). L'écho d’une comptine raciste

Le premier roman de Chester Himes a un titre un peu étrange : S’il braille lâche-le… En anglais If He Hollers, Let Him Go. Ce titre est tiré d’une comptine enfantine, très connue aux États-Unis, l’équivalent de notre Amstramgram.

Eenie, meenie, miney, moe, 

Catch a tiger by the toe. 

If he hollers, let him go.

My mother said to pick 

The very best one 

And you are not it.

Eenie, meenie, miney, moe
Prends un tigre par la patte
S'il braille, lâche-le.

Ma mère a dit
 de faire le bon choix
Et ce n’est pas toi.

À aucun endroit de son autobiographie, Himes n’explique le choix de ce titre pour son roman. On peut imaginer, cependant, qu’il fait référence à une ligne cachée de la comptine. Il en existe, en effet, plusieurs variantes et notamment une version courante au 19e siècle dans laquelle Catch a tiger by the toe était remplacé par Catch a nigger by the toe (Attrape un nègre par la patte).

Une comptine est une chanson enfantine qui sert à déterminer le rôle des participants à un jeu. Le comptage permet au meneur de jeu de choisir ou d'exclure les joueurs. Il n'y a aucune certitude, mais cela irait bien avec le piège raciste dans lequel tombe Robert Jones, sa sélection finale, en dépit de tous ses efforts, pour l’armée américaine, son rejet par sa fiancée presque blanche et l'ensemble de la société californienne des années 1940.



Merci à Hélène B.