31 mars 2016

ENG - Translating Chester Himes

One of the labels in this blog is Translation. It may be surprising for the English-speaking readers who are not familiar with the translations of Chester Himes in French, Spanish, Portuguese, or other languages, nor aware there might be a problem about these translations.

For the French, it is of crucial importance. Himes' novels were read in France and in French through the mediation of a team of translators, who though they sometimes were not professional translators (or more accurately because they were not professional translators) had be chosen by Marcel Duhamel. Duhamel himself, the director of the famous Série Noire, the Gallimard collection, was a well-known translator without an academic education.

The situation of Himes in relation to the Série Noire is particular: Himes' novels were not translated into French after being published in English. They were written for the Série Noire and Himes worked - in a certain way - on commission. Thus there were less cuts in Himes' novels than in some other authors' works. In his introduction to the English edition of the first three novels of the Harlem domestic novels, Melvin Van Peebles shows Himes' work method: "He pointed to the two neat piles on either side of the typewriter and explained that before he started one of his 'detective stories' or 'action novels' as he insisted on calling them, he would count out 220 pieces of carbon paper and 440 pieces of typing paper. He would then place a sheet of carbon paper between every two sheets of typing paper so that way he would have an original and a copy of each page that he completed. He would then put the untouched pile on the right hand side of his typewriter and begin to bang away. After he finished typing a page he would put it down on the pile at his left. (…) 'When the pile on the right hand side begins to get low I know it's time to start winding the story up."[1]

Still Himes wrote in English and had to be translated. The language the Série Noire translators produced, meant to be an equivalent of Himes' language, highly contributed to the success of his novels in France. It draws upon the Parisian slang (argot). In the issue of 813 dedicated to Chester Himes, the French translator Pierre Bondil acknowledges that Himes is not easy to translate but reports the over-use of Parisian argot to render the black vernacular, and numerous treasons of the style and rhythm of Himes' language.[2]

It is no use criticizing these translations. They belong to a general cultural era (ignorance of the American culture and particularly of the African American culture;  distrust regarding America in the cold war period). They also belong to a certain cultural and economical context of the Série Noire itself.

Gallimard revised these translations in 2007 (Quarto collection). Still a totally new version, with different fundamental choices is something to dream about.



Portuguese and Spanish translations of the titles of several novels have been reviewed in this blog. As one can see with the different versions of The Heat's On, unlike the French version they were translated from the titles Himes chose for the later American publication of his books.





[1] Chester Himes, The Harlem Cycle, volume 1, Edinbourgh, Cannongate Books, 1996.
[2] Special issue of 813 dedicated to Himes.

26 mars 2016

Sepulturero, Montalbán, Chester Himes y Bernard Daguerre

Répondant à l'article consacré aux traductions espagnoles du cycle de Harlem (Sepulturero Jones et Ataúd Ed Johnson)Bernard Daguerre, organisateur du festival Polar en cabanes et, entre autres talents, coordinateur du numéro spécial de 813 consacré à Himes, signale qu'il n'a pas trouvé trace de la préface de Por amor a Imabelle (La reine des pommes),  écrite par Manuel Vásquez Montalbán. Montalban y fait, pourtant,  référence dans un texte, extrait de El escriba sentado, publié en 1997 dans El País et traduit dans le numéro spécial (n° 122) de la revue 813.

Ce texte est magnifique par son intelligence. Pour en citer un court extrait : "Bien sûr, ses romans peuvent être qualifiés de policiers, mais ils sont si multidimensionnels et ouverts qu'ils mériteraient d'être considérés comme des romans sans plus de qualificatifs, grands petits romans qui ont fait de leur auteur un maître comparable à Hammett, Chandler, Poe ou Simenon. Le délit déjà commis ou sur le point de l'être met en mouvement les policiers et c'est ainsi que débute un voyage littéraire dans lequel le délit et sa sanction sont ce qui importe le moins ; le plus important est le voyage, un voyage à travers un Harlem sans murs ni cloisons, à l'intérieur duquel erre le regard du lecteur surpris et surprenant lui-même la logique interne d'une réalité ceinte de murailles invisibles."

Voir dans le présent blog Un numéro spécial de 813






19 mars 2016

Ataud Ed Johnson y Sepulturero Jones


Ataúd Ed Johnson (Ataúd = Coffin = Cercueil) et Sepulturero Jones (Sepulturero = Grave Digger = Fossoyeur) sont les noms des deux inspecteurs dans les traductions espagnoles des romans policiers de Himes.


Si l'on regarde les titres de ces romans, on remarque qu'ils sont traduits très fidèlement à partir des titres de la première édition américaine. Ils ne reprennent donc pas les facéties de la Série noire.




Titre original de Himes
Titre de la Série noire
Titre de l’édition américaine ultérieure
Titre de l'édition espagnole
The Five Cornered Square
La reine des pommes
1. For Love of Imabelle (1957). 2. A Rage in Harlem (1965)
Por amor a Imabelle
If Trouble Was Money
Il pleut des coups durs
The Real Cool Killers
La banda de los musulmanes
A Jealous Man Can’t Win
Couché dans le pain
The Crazy Kill
El loco asesinato
The Big Gold Dream
Tout pour plaire
The Big Gold Dream
El gran sueño de oro
Don’t Play With Death
Imbroglio négro
All Shot up
Todos muertos
Be Calm
Ne nous énervons pas
The Heat’s On
Empieza el calor
Back to Africa
Retour en Afrique
Cotton Comes to Harlem
Algodón en Harlem


On a vu dans l'article Cidade escaldante … que Himes, dans sa position d'auteur travaillant à la commande pour la Série noire (format imposé de 220 pages, par exemple) avait aussi accepté - ou devancé - la formulation de titres conformes à la ligne des romans de la collection : l'exemple de Be Calm, retitré ultérieurement The Heat's On, est le plus frappant. Entre le titre français et le titre de l'édition américaine ultérieure, on a affaire à deux types de jeux de mots et d'humour. La différence nous renseigne aussi sur la distance entre la langue de Himes et celle de sa traduction.

À la différence des titres de la Série noire, les titres des éditions espagnoles ne prennent pas le risque du jeu de mots : The Five-Cornered Square (Le carré à cinq angles, qui est aussi Le naïf a cinq angles - jeu de mots sur square) a donné en français un très bon La reine des pommes.

Traduire Himes n'est jamais facile. Pour le blog Mis détectives favoritos, "c'est un défi de traduire en espagnol la langue de Harlem. Certains conservent les surnoms originaux des inspecteurs, d'autres les traduisent. La traduction de Bruguera (Por amor a Imabelle, 1980) n'a pas très bien vieilli car elle a  utilisé l'argot de l'époque (et l'argot, qui évolue plus rapidement que la langue commune, vieillit toujours mal)."

Le blog Cuadernos de trabajo présente ainsi Himes : " Chester Himes est un écrivain nord-américain qui a été en son temps très connu et qui est aujourd'hui un peu passé de mode et peu présent dans les références journalistiques." On ne peut que souscrire à ce commentaire. 




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